Malgré son nom, Fontaines d’Ozillac, longée par la rivière de la Seugne, près de Jonzac, ne possède que des puits. Bâtie au XIIe siècle, l’église Saint Martin ne formait qu’un simple vaisseau, large de dix mètres et long de trente. Au début XVe siècle, des bas côtés sont construits. Dévastée par les calvinistes au XVIIe siècle, elle forme aujourd’hui une église halle, d’une composition simple : deux nefs égales séparées par une série de quatre piliers centraux.

Son exceptionnel portail roman fut miraculeusement conservé. Du XIIe siècle, son iconographie donne à lire un antique symbolisme chrétien. Ses trois voussures sont chargées d’ornements. Sur l’archivolte inférieure se remarque un agneau nimbé, marchant sur un globe ; en sa présence deux anges se voilent de leurs ailes, tandis que deux saints personnages adorent l’agneau mystique. La voussure centrale est chargée de monstres de toutes sortes : de lions, de dragons, de serpents, de colombes, d’autruches aux longues jambes, aux forts becs, s’acharnant sur une proie.

La violence, la destruction, la ruse, la cruauté sont opposées à la douceur chrétienne, figurée sans doute par la colombe. A la voussure supérieure, se montrent six chevaliers debout et disposés au combat ; ils sont armés de lances et de bouclier tels qu’on les portait au XIIe siècle ; l’un de ces boucliers est chargé d’une croix fleur de lys.

Le portail de la deuxième nef, bien postérieur au premier, est orné d’une ample coquille. Elle surmonte un écu ceint d’une couronne. L’inscription suivante indique l’âge de cette porte latérale : « FAICT L’AN MVCXLII (1542) CE PORTAIL D’EGLISE »

Lorsque l'on pénètre pour la première fois dans cette église, on est frappé par la majestueuse étendue de l’édifice, ses voûtes, très élevées, sont ornées de nervures. A la clef de voûte de l’abside du bas-côté, on remarque six pommes de pins artistiquement sculptées dans l’arcade au-dessus de l’autel. L’église jouit d’une acoustique exceptionnelle. Tous les musiciens qui s’y sont produits l’ont remarqué et souhaitent d’ailleurs revenir pour la goûter à nouveau.